V comme Volcan

Publié le par Colette Lefevre

Cette année 1815 est bizarre, que se passe-t-il donc, à quoi sont dues ces pluies continuelles qui pourrissent les récoltes et retardent les vendanges ? Pourquoi cette année n’y a-t-il pas eu d’été ? Il paraît que cela est du à l’explosion du volcan Tambora en Indonésie1.  Pierre ne sait pas où se trouve l’Indonésie et encore moins ce fameux volcan, mais il pense que ce doit être bien loin de Bellou-en-Houlme !
Alors est-ce possible que tous ces bouleversements climatiques soient dus à cette éruption ? Pierre est dubitatif et il n’est pas le seul. Toujours est-il que les mauvaises récoltes entraînent la disette, une fois de plus on ne mange pas à sa faim ! Mais malheureusement la situation ne s’arrange pas, à cause des mauvaises récoltes de 1816 et 1817, le blé augmente de 85 % entre 1815 et 1817. Voici une nouvelle famine qui rappelle beaucoup celles de l’ancien régime, et entraîne des troubles. Pierre a l’impression d’un retour en arrière, et cela l’inquiète beaucoup.
En février 1820, Pierre entend parler d’un chef de la Sûreté, nommé Vidocq2, qui a démantelé à Berny-en-Santerre dans la Somme une bande organisée de « chauffeurs » et en octobre,  trois meneurs des « chauffeurs du Santerre », dont Prudence Pezé alias la « Louve de Rainecourt » sont exécutés, voilà qui rassure tout le monde mais en même temps inquiète, cela veut dire qu’il y avait de nombreuses bandes de chauffeurs ! Ont-elles toutes été démantelées ou alors en reste-t-il ? Et si oui, où et combien ?

Article paru dans le journal "LE TEMPS" du 27 mai 1908

Article paru dans le journal "LE TEMPS" du 27 mai 1908

Comme Pierre et Marie Françoise sont heureux en ce 12 décembre 1820, Marie Charlotte, qui a 27 ans, épouse BIDAULT Jacques Philippe. Il y a longtemps que Pierre ne s’était senti aussi bien, le bonheur de sa fille le ressource. Marie Charlotte est entourée de ses parents, de son oncle Nicolas Chable tandis que les parents de Jacques Philippe, son beau-frère François Baret et son cousin Charles Bidault partagent leur bonheur.

AD Orne - Bellou-en-Houlme - Registre Etat civil NMD 1818-1822 3NUMECEC40/3E2_040_14 - Vue 147

AD Orne - Bellou-en-Houlme - Registre Etat civil NMD 1818-1822 3NUMECEC40/3E2_040_14 - Vue 147

En cet été 1821, on apprend la mort de Napoléon Bonaparte à Sainte-Hélène. Si Pierre ne sait pas de quoi demain sera fait, une chose est sûre, il n’y aura pas de retour de l’empereur. La France est de nouveau en monarchie depuis cinq ans, le changement tant espéré n’aura pas lieu, Pierre en est très déçu, Charles aussi aurait été déçu !

1 - À la suite de cette série d'éruptions volcaniques, et surtout celle du Tambora, les récoltes dans de nombreuses régions du monde vont être très mauvaises suite à des bouleversements climatiques. L'Europe, qui ne s'était pas encore rétablie des guerres napoléoniennes, connut une famine. Des émeutes de subsistance éclatèrent en Grande-Bretagne et en France, et des magasins de grains furent pillés. La violence fut la pire en Suisse, pays privé d'accès à la mer, où la famine força le gouvernement à déclarer l'état d'urgence. Des tempêtes d'une rare violence, une pluviosité anormale avec débordement des grands fleuves d'Europe (y compris le Rhin) sont attribuées à l'événement, tout comme un épisode de gel survenu en août 1816.
L'éruption du Tambora donna aussi en Hongrie un exemple de neige marron. L'Italie connut quelque chose d'analogue, avec de la neige rouge qui tomba tout au long de l'année. On croit que la cause en était la cendre volcanique contenue dans l'atmosphère.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann%C3%A9e_sans_%C3%A9t%C3%A9

2 - Eugène-François Vidocq, né le 24 juillet 1775 à Arras et mort le 11 mai 1857 à Paris, était un aventurier français, successivement délinquant, bagnard puis policier et enfin détective privé.
Fils de boulanger, François Vidocq commet divers larcins au cours de son enfance. Sa forte taille (à douze ans, il a une taille d'adulte) lui rend la besogne facile. À l'âge de seize ans, il quitte Arras après avoir volé ses parents. Il est par la suite arrêté et s'engage dans l'armée révolutionnaire. Il se bat alors à Valmy et à Jemappes puis déserte l'armée. Il en est renvoyé en 1793. Il poursuit alors une vie aventureuse de voleur et d'escroc entre Paris et le Nord de la France. En 1809, il propose ses services d'indicateur à la police de Paris.
En 1811, le préfet le place officieusement à la tête de la « brigade de sûreté »2, un service de police dont les membres sont d'anciens condamnés et dont le rôle est de s'infiltrer dans le « milieu ». Excellent physionomiste, il repère toute personne, même grimée, qu'il a préalablement dévisagée (ayant vu cette personne une fois, il la reconnaît au premier regard). Il excelle lui-même dans l'art du déguisement.
En 1827, Vidocq démissionne de ses fonctions de chef de la « sûreté ». Il s'installe à Saint-Mandé, près de Paris, et crée une petite usine de papier. Il invente le papier infalsifiable.
François Vidocq meurt à Paris des suites du choléra en 1857, dans sa quatre-vingt-deuxième année. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise.

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