S comme Serait-il possible de Souffler un peu ?

Publié le par Colette Lefevre

Le 16 septembre 1796 voit une nouvelle naissance, un garçon prénommé Jean, c'est en compagnie de son beau-frère Jean, que Pierre déclare la naissance, à quoi pense donc l’officier de l’état civil qui note dans la marge « Jean Jouanne » au lieu de « Jean Chable » ? Les voici cinq à table tous les jours, Nicolas a 7 ans, il commence à bien aider son père, quant à Marie-Charlotte, elle va bientôt avoir 3 ans, elle suit sa mère partout.

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_9 Vue 270

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_9 Vue 270

Une rumeur arrive de Rouen, en cette fin janvier 1798, le 23 janvier, sur la Grand-Place de la ville de Rouen, pour la première fois, une guillotine1, tout nouvel instrument de supplice, attend le célèbre «chauffeur» Duramé et sept de ses complices. Comme Pierre, les bellouins sont heureux d’apprendre qu’enfin ces brigands soient hors d’état de nuire, si seulement cela pouvait inquiéter les autres brigands.

A Bellou, on parle aussi du procès de la bande de « chauffeurs » de Robillard2 qui se déroule à Rouen en 1799 et le 15 mars 1799 le verdict tombe : sur 61 inculpés, 34 sont condamnés à mort, 9 condamnés à des peines variables d'emprisonnement, 11 acquittés et 7 déclarés contumaces. Pierre et Marie-Françoise sont soulagés, ils espèrent enfin pouvoir vivre plus sereinement.

Par unindentified — magazine Le Petit Journal illustré, August 8, 1891 (page part I / part II « La sortie de la Roquette » is missing), Domaine public,3

Par unindentified — magazine Le Petit Journal illustré, August 8, 1891 (page part I / part II « La sortie de la Roquette » is missing), Domaine public,3

Déjà dix ans que la Bastille a été prise, dix ans de tension, d’émeutes, d’espoirs déçus, de protestations aussi. Non, ça n’a rien changé, les conditions de vie du petit peuple sont toujours aussi épouvantables sinon plus qu’avant. Pierre ne croit plus en rien, et comme tout le monde, il craint autant le retour de l’Ancien régime que celui de la Terreur. Et c’est dans ce contexte de désespoir que le 3 octobre 1800, Denis Jean vient au monde dans la maison de Pierre et Marie Françoise. Ce nouvel enfant, qui complique un peu plus la vie quotidienne, aggrave l’état d’esprit de Pierre, il a l’impression d’être au fond d’un gouffre, sans aucun espoir d’en sortir. Marie Françoise, elle aussi est abattue, désespérée,  et le décès de sa mère, le 25 mars 1801, aggrave son état. Encore des mauvaises récoltes qui entraînent une hausse des prix et provoquent de nouvelles protestations et émeutes de la faim. Mais quand donc cela finira-t-il ?

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_10_2 - Vue 253

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_10_2 - Vue 253

Pierre entend parler de la venue en Normandie de Napoléon Bonaparte4, du 29 octobre au 12 novembre 1802. Il paraît qu’il est allé à Evreux, Rouen, Elbeuf, le Havre, Fécamp, mais pourquoi ce voyage ? Aux frais de qui ? On dit que partout où il est allé, il a reçu « un accueil digne de sa gloire »! Qu’apporte donc, au peuple, ce voyage ? Dans la tête de Pierre ces réflexions tournent en boucle et le rendent irritable.
La famille s’agrandit encore le 25 août 1806 avec la venue d’Anne Louise. Si seulement ces naissances pouvaient arrêter, Marie Françoise est complètement épuisée par toutes ces grossesses et les privations, Pierre lui, est désespéré de voir sa femme dans un tel état.

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_11 Vue 96

AD Orne – Bellou-en-Houlme – Registre BMS 3NUMECEC40/3E2_040_11 Vue 96

4 - Voyage en Normandie de Napoléon Bonaparte en 1802
Bonaparte quitta Paris le 29 octobre 1802 pour aller visiter le champ de bataille d'Ivry.
A 16h il était à Evreux, où il passait la nuit. Le 30 il traversait Louviers où il fut reçu par une garde d'honneur.
Le 30 à 15h, le premier consul faisait son entrée à Rouen avec madame Bonaparte. Il y descendit à l'hôtel de la préfecture et il y fut reçu par le maire. Il s'était formé à Rouen un corps de cavalerie appelé "garde volontaire à cheval".
Le 3 novembre, Bonaparte quittait Rouen pour Elbeuf, Une compagnie de soixante volontaires à cheval, tous citoyens d'Elbeuf, était venue à sa rencontre.
Le premier consul rentrait à Rouen le 5 novembre à 6h, passant à 10h à Caudebec. A Yvetot, une compagnie de volontaires à cheval, lui servit de garde d'honneur pendant toute la traversée du territoire. A sa sortie du territoire cette garde fut relevée par une compagnie de Bolbec formée de 45 jeunes fabricants ou commerçants.
Le 5 novembre, dans la soirée, Bonaparte entrait au Havre. A sa rencontre était venue jusqu'à Harfleur, la garde d'honneur du Havre, 218 hommes, soit 5 compagnies des gardes à cheval et des canonniers.
Le 9 novembre, Bonaparte quittait le Havre pour Dieppe. En cours de route il traversa Fécamp où 40 jeunes vinrent à 4 kilomètres de la ville faire escorte au chef de l'état. A 18h l'empereur arrivait à Dieppe où il trouve comme garde d'honneur une compagnie de jeunes citoyens en uniforme. De Dieppe, le premier consul fit plusieurs excursions, notamment sur le théâtre de la bataille d'Arques où il fut accompagné de plusieurs jeunes gens de la cavalerie dieppoise qu'il traita avec la plus grande bonté.
Parti de Dieppe le 12 novembre à 6h, Napoléon traversait Neufchatel puis Gournay où l'attendait une garde de trente cavaliers.
Le 12 au soir, l'empereur couchait à Gisors, à la manufacture du citoyen Moris et le lendemain à 11h entrait à Beauvais.
Le 14 au soir, un coup de canon annonçait à Paris, que le premier consul était rentré à Saint-Cloud à 7h30.
http://d.hauchard.free.fr/voyage.html

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article