P comme Patrie en danger

Publié le par Colette Lefevre

Et voilà que ce 21 juin, à Bellou, on apprend, qu'à Paris, le peuple a envahi les Tuileries, Pierre ne sait pas ce que c’est que les Tuileries, ni où ! C’est, à Paris, certes, mais où ? Et voici encore une autre nouvelle très angoissante, le 11 juillet, la patrie est déclarée en danger1 par l'Assemblée législative, qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? En tout cas cela fait peur à toute la famille. Début août, les Tuileries sont prises par le peuple, la famille royale a été enfermée à la Prison du Temple, décidément rien ne va plus, si la famille royale est emprisonnée, que peut-il arriver au petit peuple qui se révolte ? Début septembre, des centaines de prisonniers, ainsi que des aristocrates, des prêtres et quelques évêques, désignés comme traîtres, ont sommairement été jugés et massacrés.

Patrie en danger http://www.nogentrev.fr/archives/2016/01/12/33202573.html

Patrie en danger http://www.nogentrev.fr/archives/2016/01/12/33202573.html

Le décret de l'Assemblée nationale du 20 septembre 1792 a défini un nouveau mode de «constater l'état civil des citoyens », la tenue des registres étant retirée aux curés et remise aux maires. A Bellou-en-Houlme, c'est le 28 octobre que ce changement intervient. Et deux jours plus tard, voici la proclamation de l'an I de la République française, que de chamboulements dans le quotidien du peuple, mais pourquoi tous ces changements qui n'apportent rien, sinon la peur, Pierre est fort déçu, Marie Françoise est toujours angoissée, elle ne dort plus, elle a peur de tout, du moindre bruit, d’un étranger qui passe !

AD Orne - Bellou-en-Houlme - BMS 3NUMECRP40/EDPT181_27 – Vue 95

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Le 19 novembre,  l'Ancien Régime est détruit, les droits féodaux sont abolis et les biens de l’Église sont saisis. Les esprits s'échauffent, la guerre contre les châteaux se déchaîne à nouveau.

C'est dans ce contexte fort perturbé que le premier décembre 1792, Marie-Françoise met au monde, à cinq heures du matin, un deuxième enfant, un deuxième garçon, Denis André.

Il est baptisé à l'église, puis son grand-père, Denis Jouanne, accompagné de Marie Dauphin, sa cousine, déclare sa naissance à l'officier de l'état civil. Pierre n’est pas présent. Mais le 9 décembre c'est Pierre qui vient déclarer le décès de son fils. Une très très difficile journée pour Pierre et Marie-Françoise, depuis le décès de son enfant, elle  n'arrête pas de pleurer et refuse de s'alimenter. Nicolas, qui vient d'avoir 3 ans, ne comprend pas ce qui se passe, mais il ressent la détresse de sa mère, lui aussi n'arrête pas de pleurer, ce qui a le don de désespérer Pierre.

AD Orne - Bellou-en-Houlme - BMS 3NUMECRP40/EDPT181_27 – Vues 99 et 100
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1 - La journée du 20 juin 1792 désigne une manifestation populaire organisée à Paris à l'initiative des Girondins le jour anniversaire du serment du Jeu de paume. Lors de cette journée, le peuple parisien envahit le palais des Tuileries.
« Avec le courage passif qui est le sien », selon Michel Vovelle, le roi subit sans faiblir pendant deux heures le défilé de la foule, accepte de coiffer le bonnet phrygien et boit à la santé de la Nation pour faire passer les paroles de Legendre: « Monsieur, vous êtes un perfide, vous nous avez toujours trompés, vous nous trompez encore », mais refuse de retirer son veto comme de rappeler les ministres girondins, invoquant la loi et la constitution.
Le 5 juillet, l'Assemblée déclare la nation « en danger ». Tous les citoyens en mesure de prendre les armes et de servir dans la Garde nationale sont placés en service actif. Des piques sont distribuées à ceux qui ne peuvent se procurer d'armes, et des drapeaux sont placés dans les espaces publics, avec ces mots : « Citoyens ! La Patrie est en danger ! »

La journée du 10 août 1792 est, après le 14 juillet 1789, l'une des journées les plus décisives de la Révolution française, au point que certains historiens la qualifient de « Seconde Révolution». La préparation de cette journée est organisée et menée par la Commune insurrectionnelle de Paris et par les sections parisiennes ; après plusieurs[réf. nécessaire] assauts, le peuple prend le palais des Tuileries, siège du pouvoir exécutif. C’est aussi la première fois, depuis le début de la Révolution, qu’une journée révolutionnaire est dirigée également contre l’Assemblée. Cette journée révolutionnaire consomme la chute de la monarchie constitutionnelle. Sa préparation est trop complexe pour qu’on puisse en attribuer la responsabilité à un individu ou à une faction.

La journée du 10 août 1792 marque également le début de la première Terreur, dont le point culminant sera les massacres de Septembre.
Les massacres de Septembre sont une suite d’exécutions sommaires qui se sont déroulées du 2 au 6 (ou au 7) septembre 1792 à Paris. Des massacres semblables ont également eu lieu dans le reste de la France (Orléans, Meaux, Reims ou Versailles), mais avec moins de victimes sur une plus longue durée.
Outre les massacres déjà cités, on relève des tueries plus ou moins importantes dans l'Orne bien avant Paris, à Sens, à Marseille, à Lyon, à Toulon, à Lorient et sur les bords de la Loire, pour un total d’environ trente massacres faisant 150 morts environ.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_du_10_août_1792
https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_20_juin_1792
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacres_de_Septembre

 

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