O comme Oh non !

Publié le par Colette Lefevre

Oh non, lorsque les nouvelles de la prise de la Bastille arrivent jusqu'à Bellou-en-Houlme, Pierre n'est pas surpris, au contraire même, ce que son père avait pressenti est arrivé, la révolte est là. A peu de jours près, Charles aurait pu vivre cette révolution qu’il attendait depuis si longtemps.  Pierre a l’impression qu’on a volé ce moment à son père, il regrette beaucoup qu’il ne soit plus là pour le voir.

Pierre apprend qu’à l'annonce de la prise de la Bastille, les Rouennais s'emparent du vieux château, devenu prison, et le démolissent, et le 15 juillet 1789, la tour François 1er du Havre, est occupée, de plus, deux jours plus tard, le château de Rouen est démoli alors que le gouverneur de celui de Caen est massacré1. Oh non, ce n’est pas possible ! Pierre regrette amèrement toute cette violence et les morts qu’elle entraîne, cependant, comme tout un chacun, il se met à rêver d’une vie meilleure, à plus de justice, et enfin à la reconnaissance du peuple.

Mais en attendant ces éventuels jours meilleurs, la vie continue, le 22 août 1789, son frère Jacques Charles, veuf de Marie More, épouse Marie Lecointe, en présence de leurs frères, leurs sœurs et leurs cousins, les parents de chacun étant tous décédés.
Le 23 octobre suivant voit la naissance du premier enfant de Pierre, un fils Nicolas, comme il est fier. Nicolas est baptisé le lendemain en présence de son oncle et parrain, Maître Nicolas Jacques Chable, acolyte2 et de sa grand mère et marraine, Marie Thomerel, mais Pierre est absent. Cette naissance pose de gros soucis à Pierre et Marie Françoise, la France est dans la tourmente, personne ne sait de quoi demain sera fait. Pierre se demande s’il pourra nourrir son enfant, s’il pourra lui donner tout ce dont il a besoin, il a très peur de ne pas être à la hauteur. Il repense alors aux discussions avec son père, il comprend mieux ses colères, ses révoltes, lui aussi, maintenant que Nicolas est là, est confronté aux mêmes tourments.

AD Orne - Bellou-en-Houlme - Registre paroissial 3NUMECRP40/EDPT181_26 – Vue 178

AD Orne - Bellou-en-Houlme - Registre paroissial 3NUMECRP40/EDPT181_26 – Vue 178

En 1791, les récoltes sont moyennes, les prix recommencent à monter dès octobre et malgré les bonnes récoltes de l'année 1792,  les prix continuent à grimper. Cette situation financière est préoccupante, les nouveaux impôts rentrent mal, mais malgré cela, le 20 avril, la France déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie3! Pierre est atterré lorsqu'il apprend cette nouvelle, oh non, ce n’est pas possible que le roi entraîne le pays dans une guerre qui ne concerne pas le peuple ! Pierre espérait tant que les conditions de vie allaient changer et qu'ils allaient enfin pouvoir vivre mieux. 

1 - http://d.hauchard.free.fr/histoire.html
2 – Acolyte :   personne dont la fonction était d'assister le prêtre et le diacre lors des célébrations liturgiques et à qui on donnait le titre de maître.
3 - La déclaration de guerre de la nation française, sur la proposition du roi, au roi de Bohême et de Hongrie a lieu le 20 avril 1792. Tout en relançant le mouvement révolutionnaire, elle entraîne la chute de Louis XVI et ouvre une période nouvelle dans l’histoire de l’Europe.

Au mois de mai 1791, Léopold II, est averti de la préparation de la fuite imminente de la famille royale de France. Cette nouvelle situation met ce monarque dans l’obligation d’intervenir dans les affaires françaises. La fuite manquée de Louis XVI, arrêté à Varennes, est un des actes les plus importants de la Révolution française. Cette initiative malheureuse du roi précipite la guerre déclarée au « roi de Bohême et de Hongrie. La présence, non loin des frontières, de l'armée des émigrés, soutenus plus ou moins par la France, a également alimenté cette crise en Europe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Journ%C3%A9e_du_20_juin_1792

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