I comme Insupportable

Publié le par Colette Lefevre

Si les hivers sont rigoureux, les étés eux sont caniculaires, ils brûlent toutes les cultures et fatiguent les corps déjà bien éprouvés, ainsi, en juillet 1742 le pays est sous la canicule, le mercure monte jusqu’à 36,2°C.

Le 6 août 1743, Marie Catherine vient au monde en pleine canicule, comme cet accouchement a été dur, Marie Madeleine manquait d’air, Charles ne savait plus quoi faire pour la rafraîchir, comme elle est fatiguée, arrivera-t-elle à s’en remettre ? Les accouchements se succèdent, les enfants sont très rapprochés, quel travail de s’occuper ainsi de tout ce monde. Va-t-elle pouvoir nourrir son enfant ? Charles se demande comment ce bébé va supporter cette chaleur, il ne faudrait pas qu’il se déshydrate, surtout qu’avec cette chaleur les eaux sont croupies.

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Et alors que la France souffre, Louis XV s’allie à l’Espagne pour déclencher la guerre contre l’Angleterre et l’Autriche1. Charles ne comprend pas comment le roi peut ainsi déclarer la guerre et entraîner le pays dans des pertes humaines. Déjà que les mauvaises conditions de vie entraînent de nombreux décès comme celui de Julien Jean qui meurt le 30 janvier 1745 à l’âge de 2 ans 11 mois ! Alors en plus, envoyer à l’étranger des jeunes soldats se faire tuer pour quoi ? pour qui ? Non ! Vraiment cette situation est absolument insupportable.

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Voici une nouvelle naissance chez Charles, ce 16 novembre 1745, un garçon  prénommé Jacques Charles, un peu de réconfort pour Charles qui ne se remet pas du décès de Julien Jean ! Mais il décède 15 jours plus tard, quel désespoir, quelle détresse, comme cette vie est cruelle !

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Le 15 février 1747 voit la naissance de Charles Jacques, mais Charles ne s’en réjouit pas. Pour deux raisons, et si, comme Julien Jean ou Jacques Charles, il venait à décéder ou alors s’il vit peut-être ira-t-il se faire tuer à la guerre, non ça il ne pourrait pas le supporter, la révolte gronde dans sa tête, il en veut au roi et à ses ministres d’entraîner ainsi le pays dans la misère.

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Anne vient au monde le 30 mars 1748, elle vit 9 semaines, et le 16 septembre, Charlotte Marie, âgée de 11 ans décède. Quelle souffrance de voir sa famille ainsi anéantie. En moins de quatre ans Charles et Marie Madeleine ont accompagnés quatre de leurs enfants dans leur dernière demeure. Les famines à répétition, les grossesses et les accouchements ont beaucoup fatigué Marie Madeleine, ces décès l’ont anéantie, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, et de voir son épouse dans cet état détruit Charles, il s’en veut tellement de n’avoir pas su lui épargner toutes ces souffrances, lui qui était persuadé d’être à la hauteur. Il passe de nombreuses nuits sans dormir, cherchant des solutions pour améliorer la vie de sa famille, mais de quelques façons qu’il appréhende la vie, il ne voit aucune issue, il ne trouve aucune solution.

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En mars 1748, la guerre contre l’Autriche est enfin finie, mais elle n’a profité qu’au roi de Prusse2. La France sort de cette guerre affaiblie et fortement endettée, d’autant que le Royaume est aussi en déficit chronique. Et ce que Charles redoute, arrive, la création d’un nouvel impôt : l’impôt du  «vingtième3 » qui touche tous les français, enfin c’est ce qui est dit, mais ça, Charles n’y croit pas, au contraire, il est persuadé que tôt ou tard la totalité des impôts incombera encore aux pauvres.

Deux ans plus tard, le « vingtième » ne sera plus payé que par le peuple. Non vraiment, cette situation est vraiment insupportable, Charles a l’impression d’être pris dans un tourbillon infernal qui l’entraîne toujours plus profond, il est désespéré, arrivera-t-il un jour à reprendre confiance en la vie !

1 - guerre contre l’Angleterre et l’Autriche

Le 15 mars 1744, Louis XV déclare officiellement la guerre au Royaume-Uni et à l'Autriche.
Après l'entrée en guerre officielle de la Grande-Bretagne, la guerre se porte dans les Pays-Bas autrichiens, pays sous "administration directe des Habsbourg, système de gouvernement moderne appelé parfois monarchie personnelle.
Épargnés dans un premier temps par la guerre de succession d'Autriche, les Pays-Bas autrichiens sont donc contraints d'entrer dans la lutte le 26 avril 1744, après la déclaration de guerre de la France à l'Autriche datant du 15 mars 1744 (consécutivement au traité défensif de Worms).
La frontière est franchie fin mai 1744 ; les places de la barrière, mal entretenue et faiblement défendues, résistent peu de temps.
L'armée française, sous les ordres du maréchal de Noailles, envahit ces provinces. Plusieurs villes tombent, et par une habile combinaison de coups de main et de pressions exercées par des troupes légères, Maurice de Saxe parvient à bloquer l'armée adverse pour le reste de la campagne. L’invasion des Pays-Bas autrichiens se poursuit, et l'armée française remporte victoire sur victoire.
L'armée française - 120 000 hommes placés sous le commandement de Maurice de Saxe[réf. nécessaire] - conquiert l'ensemble du territoire de ses ennemis au bout de trois campagnes successives, Gueldre (Provinces-Unies) et Luxembourg excepté.

À la sortie de la guerre, les alliances ont grandement évolué. La Prusse est la grande gagnante, territorialement. L'Autriche a perdu des territoires.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_d%27Autriche#Le_front_France-Autriche

2 - La France, elle, n'a ni gagné ni perdu sur le plan militaire mais ses aspirations ont été trahies ; d'une part par la paix séparée prussienne, traîtrise qui va laisser des traces et qui se situe à l'opposé du rapprochement d'alliance souhaité initialement, d'autre part, par ses propres faiblesses militaires. Elle n'a rien gagné territorialement et sort affaiblie sur le plan économique.

Voltaire exprime son énervement par une expression devenue proverbiale : « travailler pour le roi de Prusse » ; c’est-à-dire « oeuvrer sans en retirer le moindre bénéfice » ou encore « travailler contre soi-même, contre ses propres intérêts ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Succession_d%27Autriche

3 - Ce nouvel impôt est adopté en remplacement du « dixième » et entre en vigueur le 19 mai 1749, le jour même de son enregistrement. Enfin, contrairement aux habitudes fiscales de l’époque, ce nouvel impôt est créé en période de paix et devient donc normalement définitif. Aussitôt, des personnes influentes font pression de tout leur poids pour que le roi revienne sur sa décision, pressé par son entourage et par la cour, Louis XV abandonne la partie et en exempte le clergé en 1751. Finalement, le « vingtième » finit par se fondre dans une augmentation de la taille, qui ne touchait pas les classes privilégiées.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vingtième

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