D comme Décès

Publié le par Colette Lefevre

Le 19 février 1725, Cécile, qui a 6 ans et demi, décède, ce décès touche beaucoup Charles, sa petite sœur qu'il aimait tant, qu'il protégeait, à qui il avait appris tant de choses. Il a alors 14 ans mais il ne comprend pas cette injustice, il ne l'accepte pas. Certes il est habitué à nombre d'injustices, mais celle-ci lui est insupportable, quel mal avait-elle pu faire pour que Dieu la rappelle à lui si jeune ? N'avait-elle pas toute la vie devant elle ?

La détresse de ses parents se rajoute à sa souffrance, voir sa mère pleurer lui remplit les yeux de larmes, il va se cacher pour que l'on ne voit pas, que lui, le garçon de la famille, pleure, on lui répète sans cesse qu'un garçon ça ne pleure pas ! A qui confier son mal-être ? Ses deux grands-mères, il ne les a pas connues, Marie David, sa grand-mère maternelle est morte le 5 février 1695 et Marie Simon, sa grand-mère paternelle est décédée le 25 décembre 1705, elles ne peuvent donc pas le consoler. Il y aurait bien Catherine, sa sœur aînée pour le comprendre et partager sa souffrance, seulement voilà, ça fait onze jours qu'elle est mariée, c'est donc son mari qui la soutient, la réconforte, alors Charles se sent encore plus seul. Il reste bien son grand-père maternel, Pierre Ferret, mais c'est un homme et en plus il semble toujours être ailleurs. Quand on lui parle il ne répond pas, et lorsqu'on le sort de sa léthargie il semble tout surpris, certaines fois il parle à quelqu'un, que Charles ne voit pas, est-ce à sa femme disparue trop tôt ou à ses enfants morts en bas-âge ? Charles se demande quelles souffrances il a bien pu endurer pour être ainsi indifférent à ce qui l'entoure.  Alors Charles n'ose pas lui parler de son chagrin car il craint de se faire rabrouer. Et comme chaque fois qu'il est malheureux, il se réfugie dans le marais, là il a un petit coin bien à lui où il peut se laisser aller soit à pleurer, soit à crier. Lorsqu'il en revient il se sent mieux, le marais l'a réconforté en prenant part à son chagrin.

Enterrement d'un enfant Par Albert Anker — "Von Anker bis Zünd, Die Kunst im jungen Bundesstaat 1848 - 1900", Kunsthaus Zürich, upload Dezember 2008, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5335359

Enterrement d'un enfant Par Albert Anker — "Von Anker bis Zünd, Die Kunst im jungen Bundesstaat 1848 - 1900", Kunsthaus Zürich, upload Dezember 2008, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5335359

Des larmes il en verse aussi, en cachette, lorsque son grand-père maternel  décède en juillet 1729, il sait, que maintenant son grand-père est heureux d'être parti rejoindre les siens, il l'aimait beaucoup et son départ est dur à accepter. Mais le 26 mars 1730, lorsque sa mère, tant aimée, rejoint ses enfants décédés trop tôt, Charles est trop malheureux pour cacher ses larmes, de toute façon il ne peut pas les retenir et puis il n'est pas le seul à pleurer, son père si dur, si fort, que rien ne semble atteindre, pleure lui aussi, il semble complètement anéanti par ce coup du sort.

Depuis le décès de sa mère, Charles se sent bien seul, son père n'est plus que l'ombre de lui-même et sa pauvre sœur Catherine a connu tant de malheurs, sa fille Barbe née en 1727 a vécu 20 jours, puis le premier mars 1728, son époux est décédé. Certes le 30 juin 1729, elle a épousé Pierre Ferron, mais elle a perdu sa joie de vivre, alors il doit la soutenir et non l'accabler encore plus, avec son chagrin bien à lui. Il a l'impression que tout son univers s'écroule, il n'a plus envie de rien, sauf crier pour faire sortir sa détresse et c'est tout naturellement dans le marais, qu'il se rend sitôt l'inhumation terminée. Il y reste des heures et ne rentre qu'à la nuit tombée.

L'enterrement ou inhumation est un rite funéraire pratiqué dans la majorité des cultures, consistant pour l'essentiel à l'enfouissement d'un cadavre, ou d'un cercueil le contenant, dans le sol ou dans un caveau aménagé dans le sol. Il est pratiqué dans les jours qui suivent immédiatement le décès avec la participation des parents, amis et relations du défunt, après certains rites dans un lieu de culte ou en dehors, dans un lieu généralement public, le cimetière, selon le rituel de la religion du défunt.

En France, le terme « enterrement » est employé ordinairement pour funérailles ; l'« enterrement» proprement dit étant appelé « inhumation ». Une fois le cercueil ou le cadavre descendu, la fosse est rebouchée et la zone est aménagée sous le nom de tombe, selon les habitudes et modèles en usage localement.

Dans de nombreuses paroisses de France, pour certaines jusqu'à la fin du xviiie siècle, l'inhumation était faite dans le sol même de l'église, en dépit du manque de place, de la fréquence des épidémies, et, subséquemment, des interdictions réitérées en raison des risques sanitaires pour les fidèles assistant aux messes et autres offices. Les enterrements dans le cimetière avaient un caractère moins sacré, et étaient le sort réservé aux étrangers à la communauté ou aux paroissiens dont la piété ou la vertu n'étaient pas considérées comme un modèle. Au sein du cimetière lui-même, tous les endroits n'étaient pas équivalents pour y pratiquer une inhumation, la fosse commune était le lieu le moins bien considéré puisque - comme son nom l'indique - le défunt, privé de tombe individuelle, était juste placé parmi ceux qui l'avaient précédé et avec les ossements retirés des tombes.

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Enterrement

A suivre : Chapitre 3 : E comme Emois

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