X comme X qui signifie mariage

Publié le par Colette Lefevre

La majorité matrimoniale a évolué au cours des époques et selon les lieux :
Droit canonique : 12 ans pour les filles, 14 ans pour les garçons (la majorité matrimoniale est alors identique à celui de l'âge nubile), et, à partir de 1917, 14 ans pour les filles, 16 ans pour les garçons (Canon 1083 dans sa rédaction du 23 janvier 1983).
Législation royale (Ordonnance de Blois de 1579) : 25 ans pour les filles, 30 ans pour les garçons, possibilité de sommations respectueuses (règlement du 20 septembre 1692). La majorité civile est à 25 ans pour les deux sexes.
1792 : l'âge de la majorité matrimoniale se confond avec celui de la majorité civile par le décret révolutionnaire du 20 septembre 1792, qui le fixe à 21 ans pour les deux sexes. La nubilité est à 13 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons (titre IV, section I, article 1er).
1804 : le Code civil établit la majorité civile à 21 ans (article 488) et la majorité matrimoniale à 21 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons (avec possibilité de sommations respectueuses). La nubilité est à 15 ans pour les filles et 18 ans pour les garçons (article 144).
1907 : par la loi du 21 juin 1907, l'âge de la majorité matrimoniale se confond de nouveau avec celui de la majorité civile (21 ans) et les sommations respectueuses sont supprimées (avec notification simple, partiellement supprimée par les lois du 28 avril 1922 et du 17 juillet 1927, totalement par la loi du 2 février 1933).
1974 : la majorité civile, comme la majorité matrimoniale, est abaissé à 18 ans.
2006 : la nubilité est fixée à 18 ans pour les deux sexes.

Le mariage au fil du temps :
Charlemagne, empereur d'Occident en 800, a quatre épouses officielles, d'innombrables maîtresses et cinq concubines. Ces dernières sont cependant reconnues et acceptées jusqu'au moment où l'empereur, lassé, les chasse ; leurs enfants ne sont pas des bâtards, même si ils héritent rarement.
Dans l'Europe du haut Moyen Age, l'Eglise qui a renforcé son pouvoir se sent plus concernée par cette institution. Un seul Dieu, une seule église, et donc un seul mariage, elle est moins laxiste, condamne l'inceste et interdit les mariages entre consanguins, si fréquents dans les familles aristocratiques, qui ne veulent pas émietter leurs pouvoirs et leurs terres. En 1059, une encyclique papale en précise l'interdiction par la règle des sept degrés : "Tout homme ayant pris femme dans les limites du septième degré est astreint canoniquement par son évêque à la renvoyer, son refus entraînerait l'excommunication". Si cette sanction peut paraître légère de nos jours, elle était redoutée à l'époque médiévale. Cependant cette juste injonction ne dure guère, et se réduit au système de quatre degrés en 1215 (concile de Latran IV) puis à trois en 1917.
La forme de mariage comme nous l'avons aujourd'hui apparaît seulement en 1564.
Le Moyen-âge n'offrait que peu de possibilités d'union maritale aux cadets des grandes familles, l'aîné était logiquement désigné pour porter le titre et conserver les terres, les enfants puînés "choisissaient" entre le métier des armes et la carrière ecclésiastique, ces circonstances ont donné lieu à une forme d'amour courtois ou chevaleresque, sorte de flirts amoureux entre enfants bien nés où les hommes passaient des épreuves pour pouvoir porter le ruban de leur belle lors des tournois guerriers, déclarer leur flamme par de longs poèmes... Mais tout ceci restait platonique et a donné lieu à un genre littéraire bien particulier.
Au XVIIe siècle, l'Eglise introduit le consentement réciproque des époux et inclut le mariage dans la liste des sacrements, elle s'arroge le droit de savoir ce qui est juste et ce qu'il ne faut pas faire. On pourrait qualifier la Renaissance de période romantique, l'amour est à la mode et donc le mariage secret ou officiel, Rabelais puis Montaigne condamnent fortement les jeunes gens "qui se marient derrière le dos de leurs parents". Le royal Henri II en rajoute par son édit qui autorise les pères à déshériter les fils désobéissants qui se sont mariés sans le consentement paternel.

X comme X qui signifie mariage

A l'Epoque Moderne, le roi Soleil encourage les unions lucratives par sa réforme fiscale, entre une aristocratie appauvrie (rappelons que les nobles n'avaient pas le droit de travailler) qui cherche à redorer son blason et une frange roturière de la population enrichie par le commerce, par des charges de hauts fonctionnaires... Seul l'aîné peut prétendre au mariage, ses frères et sœurs connaissent des destinées qui les propulsent dans des couvents et autres monastères , ainsi que sur les champs de batailles. Le changement notable se produit après la Révolution Française, les citoyens peuvent contracter un mariage en présence d'un officier d'état civil. Evidemment, l'autorité papale qui régnait en maître condamne cette nouveauté en 1880.
Les adeptes de l'union libre sont nombreux au début du XXème siècle,dans ces années marquées par la crise, la Première Guerre mondiale, la psychanalyse et le surréalisme. Les hommes politiques se sentent concernés au plus haut point par cette institution, Léon Blum écrit un essai Du Mariage où il explique qu'il ne faut se marier "qu'au moment où l'on se sent disposé pour le mariage, quand le désir des changements et des aventures a fait place (...) au goût de la fixité, de l'unité et du repos sentimental". Les enfants, "on les fera plus tard" car " à 20 ans l'enfant déforme les femmes, à 30 ans il les conserve, et je crois bien qu'à 40 ans il les rajeunit." Le flot de la liberté sexuelle submerge 60 ans plus tard l'Europe, avec ses corollaires : liberté et indépendance de la femme, contraception et légalisation de l'avortement qui quelques années plus tôt était la cause de mariage forcé afin d'échapper au dégradant statut de fille-mère.
Les années 70 connaissent une chute dans les statistiques du nombre des mariages, chute qui se prolonge jusqu'au début des années 90, le mariage revient à la mode, et la jeune fille rêve de nouveau de sa robe blanche... Aujourd’hui tout est moins conventionnel …

X comme X qui signifie mariage

Autrefois étape majeure de la vie et socle de la société, le mariage est une institution qui a fortement évolué au cours des siècles, tant au niveau de sa signification que de la forme.
Avant la Révolution, la distinction entre mariage civil et religieux n’existait pas puisque le mariage civil fut une invention républicaine. L’amour n’avait pas encore de place centrale dans le choix du conjoint au profit de motifs plus « matériels », les pères de famille ayant leur mot à dire sur cette question importante. Quelle place était laissée à l’amour ? Quel était le cheminement qui menait de la rencontre de jeunes gens au mariage ? Quelle conception du mariage avait nos ancêtres ?
Mariages d’amour et de raison : Le conjoint n’était pas pris au hasard : le jeune homme ou la jeune fille choisissait rarement son conjoint du fait du poids du père et des contraintes sociales. L’Eglise interdisait les unions jusqu’au 4e degré, mais des dispenses pouvaient être accordées pour les 3e et 4e degrés, ce qui limitait fortement le nombre de conjoints possibles dans le village ou ses alentours.
Rituels de l’amour : Il y avait de nombreux lieux où rencontrer son conjoint : à la messe, à la foire, lors d’une veillée, d’une fête villageoise ou de travaux des champs … A l’époque il existait de multiples gestes ou rituels amoureux, différents selon les régions destinant à faire savoir à la fille qu’on voulait commencer une relation amoureuse.
La moyenne de l’âge au mariage pour les Français était de 25-26 ans pour les femmes et 27-28 ans pour les hommes dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Trois fois sur cinq en moyenne, l’homme était plus âgé que la femme (de un à quatre ans en général).
Sur les 20 mariages dont je connais les âges des mariés, la moyenne d'âge des hommes, pour le premier mariage, est de 27 ans, le plus jeune avait 20 ans et le plus âgé 35 ans. Pour les femmes, la moyenne est de 23 ans, la plus jeune ayant 16 ans et la plus âgée 32 ans. 3 épouses étaient plus âgées que l'homme, 2 de 2 ans et 1 de 8 ans , 3 couples avaient le même âge et 14 maris étaient les plus âgés de 2 ans (2), 3 ans (5), 5 ans (1), 6 ans (1), 8 ans (3), 10 ans (1) et 11 ans (1).

X comme X qui signifie mariage

Même si les relations sexuelles hors mariage étaient théoriquement prohibées, il n’était pas rare que la (future) mariée soit déjà enceinte, parfois depuis de nombreux mois, au moment du mariage. Il était par contre essentiel que l’enfant naisse lorsque les époux étaient mariés. Au niveau national, les différents sondages tant au XVIIe qu’au XVIIIe siècle donnent un peu plus de 10 % de femmes enceintes au moment du mariage, plus de 30 % dans certaines paroisses. Ce qui comptait surtout était la promesse de mariage échangée entre les deux futurs époux, qui avait une valeur juridique avant la Révolution. On voyait ainsi se faire de nombreux procès pour promesse de mariage non tenue : c’est la fille mise enceinte qui portait plainte auprès des autorités, l’homme était généralement condamné au choix, soit à épouser la femme mise enceinte, soit à payer une amende et subvenir aux besoins de l’enfant. C’étaient les procès pour « gravidation ». La législation révolutionnaire, en ne reconnaissant plus les promesses de mariage, a fortement fragilisé la position de la femme et contribué à multiplier les naissances illégitimes et les abandons d’enfants.

X comme X qui signifie mariage

Le blanc symbole de pureté dans la religion
Noir ? Blanc ? A l’origine, le blanc était couleur de deuil ! C’est encore le cas dans beaucoup de pays en Orient et c’était ainsi à la cour des rois de France.
L’église s’est emparée de cette tradition au milieu du XIXème siècle, par réaction entre autre, à l’enracinement de la république, qui supplantait les valeurs de la tradition religieuse. Les femmes pratiquantes affirment leur virginité en portant le blanc. Dans la chrétienté, le blanc est le symbole de la pureté. C’est la couleur des êtres associés à Dieu dans sa gloire. C’est la couleur de la robe du baptême, c’est la couleur du vêtement du Christ lors de la résurrection, c’est la couleur de la robe des communiantes et des aubes des communiants.
La robe blanche n’est pas la couleur de la robe de la mariée ! En réalité il s’agit de la robe de fiançailles de celle qui se dirige vers le mariage !
La marié se doit d’arriver pure au mariage … Mais on dit que la virginité est un état d’esprit … Et quid du marié ? Il n’est point en blanc et longtemps la tradition lui a fait porter du noir. La mariée ensuite revêtait une robe de couleur le jour de ses noces.
Le blanc est aussi la couleur de la lumière et de l’éclat. En Orient, dans les mariages à la campagne, on éclaboussait la mariée de lait, breuvage de vie et tout naturellement symbole de fertilité. Le lait symbolise la mère, le premier amour.
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