Louis Pierre CORNILLEAU et Marie Madeleine BOUTTIER, sosas 82-83

Publié le par Colette Lefevre

Un mariage en pleine révolution.

Louis Pierre tu vois le jour le vendredi 25 septembre 1761 à Busloup, tu es baptisé le même jour en présence de Pierre HALE et Jeanne CHEVEREAU, tes parrain et marraine. Tes parents Louis Barthélémy CORNILLEAU, âgé de 29 ans et Marie CHEVEREAU, âgée de 18 ans sont mariés depuis 13 mois, tu es donc leur premier enfant. Très vite des frères et soeurs viendront compléter la fratrie : Joseph (1763), Marie (1765), Pierre (1767), Toussaint (1770), Anne-Jeanne (1774), Antoine (1777) et François (1780).

Alors que ta mère se remet tout juste de cette dernière naissance, seulement 3 mois, ton père meurt le 21 septembre 1780, toi Louis, tu es âgé de 19 ans et tu deviens le chef de cette grande famille.
Si aucun des enfants n'est décédé en bas-âge, certains vont quand même mourir jeunes : Anne-Jeanne décède en 1786 elle a 12 ans et quatre ans plus tard, c'est Toussaint qui décède, 4 mois avant ses vingt ans.

Toi, Marie Madeleine tu viens au monde le samedi 15 septembre 1770 à Busloup, où tu es baptisée en présence de Madeleine CAUGRENET ta marraine et Laurent RIVIERE ton parrain. Tes parents Georges BOUTTIER et Marie LACROIX, âgé de 29 ans, se sont mariés le 29 novembre 1769. Tu es donc, toi aussi, l'aînée de la famille qui s'agrandit assez vite : Georges Lazare (1773), François (1776), et Georges François (1779).
Tu viens tout juste de fêter tes 18 ans lorsque ton père décède le 29 octobre 1788. Pour ne rien arranger le temps s'en mêle et n'arrange pas votre situation. L’été 1788 est catastrophique : la saison s'avère très humide et les récoltes sont détruites par le gel dans le Nord du royaume. L’hiver 1788-1789 est aussi très rigoureux, le froid et le gel touchent toute la France. La venue du printemps est difficile et cause une crise de disette et de cherté du grain. Les conséquences sociales sont doubles : l’irritation de la population envers les privilégiés augmente, tandis que la population paysanne est souvent réduite à la mendicité et à l’errance.
Comment vivez-vous cette crise révolutionnaire de 1789 ?

D'après ce que nous disent les livres, suite à la convocation des états généraux, la paysannerie s’exprime dans deux actes : la rédaction des cahiers de doléances et la Grande Peur.
Les cahiers de doléances : la consultation nationale effectuée en cette occasion est large, voire démocratique : on rassemble une assemblée par communauté d’habitants ou paroisse ; chaque homme de plus de 25 ans et qui paie des impôts en fait partie. Ils témoignent des conditions de vie paysanne, et de l’organisation sociale du monde rural.

C'est le mardi 7 juillet 1789, et en cette belle journée d'été, vous vous dîtes "OUI". Vous partagez votre bonheur, avec entre autres, de ton côté Louis, ta mère, Joseph ton frère, Marie ta soeur, Pierre CHEVEREAU ton oncle, Jacques POIRIER ton beau-frère, Pierre LEGAY ton oncle et Jeanne CHEVEREAU ta tante, et de ton côté Marie Madeleine, ta mère, Etienne RICHARD ton oncle, l'époux de Madeleine LACROIX ta tante, Louis JOUBERD et Louis DESVAUX, sûrement des amis.

Busloup - AD 41 - Registre paroissial - 4E 028/14
Busloup - AD 41 - Registre paroissial - 4E 028/14

Busloup - AD 41 - Registre paroissial - 4E 028/14

Avez-vous connu et subi la Grande Peur qui se déclenche après le 14 juillet ? Une rumeur se répand, relative à l’arrivée de brigands, la hantise du mendiant poussé sur les chemins, perpétuelle menace pour le rural, et de l’envahisseur contre-révolutionnaire. La rumeur se diffuse, les populations prennent les armes d’abord dans une visée défensive, puis offensive : on pille des châteaux, on s’en prend aux receveurs des dîmes et aux seigneurs.

Vous aussi vous allez créer une grande famille et par chance aucun de vos enfants ne décède en bas-âge.
Le 25 octobre 1790 voit la naissance de Marie, le 29 avril 1793 c'est Louis Joseph qui fait son entrée dans le monde et le 14 juin 1798, une deuxième fille Marie Anne, vient agrandir la famille.
Le 2 décembre 1801 votre deuxième fils Antoine ouvre les yeux et le 9 janvier 1805 arrive votre dernier enfant, une fille Catherine Marie Anne.

Après ces naissances c'est le temps des mariages, et c'est Marie qui ouvre le bal, le 7 novembre 1808, elle épouse René Joachim RIVIERE.
Le 20 novembre 1814, c'est Louis Joseph qui se marie avec Marie COUASMET.
Mais coup dur pour Marie, le 23 août 1820, René Joachim décède, la voici veuve avec 4 filles de 10, 7, 5 et 2 ans et en plus enceinte, Françoise Marie vient au monde en mars 1821. Son frère Louis Joseph la soutient dans cette terrible épreuve, mais ce qu'il ne sait pas c'est que 6 semaines plus tard, c'est lui qui accompagne son épouse dans sa dernière demeure, le laissant seul avec 2 garçons de 3 ans et 1 an.

Voici de nouveau d'heureux moments et vos enfants en ont bien besoin, ce 29 septembre 1922, Marie Anne s'unit à Jacques BEAUCHAMP, le 27 avril 1823, Antoine épouse Elisabeth Joséphine MOTTE, suivi le 19 octobre 1826 du second mariage de Louis Joseph avec Louise Marguerite BRUNET. Marie, elle, épouse en secondes noces Jean-Claude PRUDHOMME le 6 juillet 1828.

Le 13 février 1837 Marie Catherine tu décèdes à Busloup à l'âge de 66 ans et le 28 mars 1837, Louis tu as 75 ans, et tu la rejoins. Votre fils Louis Joseph est inhumé à Busloup le 11 septembre 1837. Je n'ai pas trouvé ce qui a pu se passer en cette année 1837
Sont témoins aux deux premières inhumations Antoine et Louis Joseph.

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Roland 11/04/2016 20:54

Magnifique histoire! Mais comme ce sont les sosa 110 et 111 de mon épouse (les sosa 494 et 495 des MaLiBeLe), je crois que je ne suis pas du tout objectif.

Colette Lefevre 12/04/2016 10:44

Ah, j'ai failli oublié le couple RABIER René et CROSNIER Marie, mes sosas 84-85.

Colette Lefevre 12/04/2016 10:38

Bonjour Roland et merci de la visite et du commentaire !
A bientôt, car en ce moment je fais mes recherches sur nos ancêtres communs, à venir le couple BEAUJOUAN Jean Jacques et RAVAUT Louise.