Il y a 100 ans, BINET Jules Auguste

Publié le par Colette Lefevre

Il y a 100 ans, BINET Jules Auguste donnait sa vie pour la patrie.
Jules Auguste est né 17 novembre 1884 à Ste Maure de Touraine dans l'Indre et Loire.

A la mobilisation générale d'août 1914, Jules Auguste intègre le 232e Régiment d'Infanterie. C'est à la caserne de Laage de Chatellerault, que se déroule, dès le 4 août, la mobilisation du régiment. Le 13 août, le régiment part au front, commandé par le Lieutenant Colonel Watin, il regroupe 37 officiers et 2173 hommes de troupe embarquant dans deux trains qui atteignent Nancy le 14 août 1914. Le régiment est alors cantonné à Maxéville.
Après quelques entraînements, le régiment participe à ses premiers combats.
Mi-août au nord du Grand Couronné de Nancy.
Le 22 août on déplore les premières victimes, 5 blessés et 1 tué : Savatier Edouard de la 18e compagnie.
Le 7 septembre, mission de reconnaissance du village Ste Geneviève, attaqué, bombardé et abandonné par les troupes allemandes, un allemand blessé est fait prisonnier.
Dans la nuit du 11 au 12 septembre destruction réussie de la passerelle de Pont-à-Mousson.
En octobre, les combats s'intensifient.
Le 11 octobre, le 232e cantonne à Minarville et relève dans la nuit du 12 au 13 octobre des éléments des 81e et 342e au nord de Flirey, en face des bois de Mortmare que les Allemands occupent fortement. La brigade mixte occupe, du bois du Jury aux lisières nord de Flirey, de mauvaises tranchées sans boyaux de communication, dominées par les ouvrages ennemis et dont on ne peut sortir que la nuit. Flirey est en ruines et continuellement bombardé.
Que fut le dernier jour de Jules ?
Le 21 octobre, le 232e reçoit l'ordre d'attaquer la position ennemie de Mortmare, à droite et à gauche de la route d'Essey. L'attaque a lieu à 4 h. 45 et le Régiment s'élance hors des parapets avec un élan magnifique, baïonnette haute. Mais l'ennemi, alerté sans doute par la préparation d'artillerie met aussitôt en action ses canons et ses mitrailleuses.
A ce moment, la 73e Division prononce une attaque parallèle à droite, appuie un peu trop à gauche et produit, parmi les unités, un remous qui détruit la continuité du front. Le Commandant Favre, s'élance avec la 20e Compagnie, et le Lieutenant Colonel Watin renforce la ligne. Les tranchées allemandes sont remplies de leurs défenseurs, la fusillade et vive, et le jour commençant à paraître, bien ajustée. Le Lieutenant-Colonel Watin, son adjoint le Capitaine Demay et le Commandant Favre, tombent successivement, mortellement blessés, le Commandant Tochon et d'autres officiers sont blessés ou tués. Les unités ont subi de grosses pertes et la ligne, privée d'une grande partie de ses chefs, décimée sous un feu intense, s'arrête et se replie peu à peu.
Le jour est complétement levé, les isolés qui regagnent les lignes sont en butte à un tir très précis de l'ennemi. Il est impossible de ramasser avant la nuit les blessés tombés en avant des lignes.
Les gradés survivants rallient ce qui leur reste d'hommes valides pour parer à une contre-attaque de l'ennemi, mais il faut attendre la nuit suivante pour ramener une partie des blessés et les corps d'un certain nombre de tués.

Sur le journal de marche, on trouve l'état des pertes de ce 21 octobre, 10 pages où sont notés les noms des 5 morts, 203 blessés et 243 disparus. A la fin, il est noté que " la plupart des disparus étaient tués et leurs cadavres restèrent longtemps devant les tranchées allemandes ". Jules fait partie de ces disparus, il est donc Mort Pour La France le 21 octobre 1914, à Flirey en Meurthe et Moselle, un mois plus tard il aurait eu 30 ans.

Sources : http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

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