X comme X DECOUVERTES

Publié le par Colette Lefevre

Faire sa généalogie, ce n'est pas seulement découvrir qui étaient nos ancêtres, mais c'est aussi faire X découvertes dans X domaines.

D'abord, il faut se familiariser avec le langage propre à la généalogie, je vous en ai déjà touché un mot dans K comme KESAKO.

C'est aussi découvrir la vie de nos ancêtres, c'est-à-dire leur(s) métier(s), certains existent encore, d'autres ont disparu. En tout cas, il y en a certains que je ne connaissais pas et que j'ai découverts lors de mes recherches :
Bordager : cultivateur.
Botteleux : ouvrier dont le métier est de botteler le foin.
Brassier - Bracier : manouvrier, homme de peine (métier situé tout au bas de l'échelle, signifie que la personne n'a aucune spécialité professionnelle, il n'a que ses "bras").
Fabricien - Fabricier : celui qui est chargé d'administrer la fabrique d'une église. On le nomme plus ordinairement Marguillier.
Taillandier : fabricant d'outils.
Fermier : locataire d'une ferme.
Filotier : fabricant de filets de pêche. C'est aussi celui, celle qui fait en petit le commerce du fil.
Homme de peine : homme qui gagne sa vie par un travail pénible de corps.
Journalier : ouvrier agricole qui travaille dans les champs à la demande, à la journée.
Laboureur : au minimum propriétaire d'animaux de labour, il se loue avec ses bêtes pour les travaux agricoles. Au maximum propriétaire de terres qu'il cultive.
Laineur : ouvrier qui laine le drap (pour imiter le velours d'une étoffe).
Marguillier : membre du conseil de fabrique d'une paroisse. Étymologie : du latin matricularius, du radical matriculum ( « matricule » ). Le matricule était un registre public où l'on enregistrait les pauvres qui demandaient l'aumône à la porte des églises, et les marguilliers étaient les gardes de ces registres. (Vu sur un acte de 1734 à Berbiguières en Dordogne).
Ménager : paysan aisé et indépendant, laboureur cultivant en personne son petit domaine dans le midi de la France.
Recteur d'école, Régent : enseignant ayant passé un contrat avec les habitants d'un village.
Scieur de Long : chargé de débiter les troncs d'arbre en planches ou poutres dans la longueur de l'arbre. Ce travail demandait de l'adresse pour scier en ligne droite avec des scies manuelles.
Tissier : ouvrier qui tisse sur un métier une étoffe ou un tapis.
Thuilier : ouvrier fabricant des tuiles de couverture.
Voiturier : celui qui fait le métier de transporter des voyageurs, des marchandises.

L'expression telle que "s'en moquer comme de l'an quarante". Voir Q comme QUARANTE

Des pratiques :
L'accouchement : autrefois, les naissances ont lieu à la maison, en général dans la salle commune, autour de la cheminée, dont la chaleur est essentielle à la mère et à l'enfant. À partir de 1803, la formation des sages-femmes s'améliore, puisqu'elles doivent suivre pendant un an des cours théoriques et apprendre la pratique. En 1894, leur formation est renforcée et dure deux ans. Pendant les deux premiers tiers du XIXe siècle, les hôpitaux restent encore des lieux qui n'accueillent que les filles mères ou les pauvresses. Les naissances y sont plus dangereuses qu'à domicile. C'est dans les années 1920-30 que la naissance en milieu médicalisé se répand, d'abord dans les grandes villes.
La mortalité infantile : au XVIIIe siècle en France, près d'un nouveau-né sur trois mourait avant d'avoir atteint son premier anniversaire, victime le plus souvent d'une maladie infectieuse. La situation change à la fin du XVIIIe siècle : la mortalité infantile se met à baisser rapidement et, vers 1850, la mort ne frappe plus qu'un nouveau-né sur six.
L'ondoiement : la mort d'un enfant mort-né ou décédé avant qu'il soit baptisé, effrayait les gens et les emplissait de chagrin. Si cela arrivait l'âme allait dans les limbes. Pour toutes ces raisons lors d'une naissance difficile et/ou si le bébé semblait mal en point on recourrait immédiatement à l'ondoiement, car il permet de sauver la petite âme en la lavant du péché originel, sans accomplir toutes les étapes du baptême. Si le bébé survivait, on le baptisait.
Le baptême : en général, le baptême avait lieu dans les trois jours suivant la naissance, mais très souvent le jour même ou le lendemain au cas où l'enfant décéderait, en présence du père, de la sage-femme, des parrain(s) et marraine(s)... mais en l'absence de la mère, étant réputée impure.
La déclaration de naissance : le poids social et religieux était tel que les filles-mères subissaient le déshonneur et étaient obligées bien souvent d'aller accoucher dans un village éloigné de leur habitation. Afin de diminuer la recrudescence des infanticides et abandons d'enfants, Henri II fit publier en février 1556 un Edit obligeant la déclaration de grossesse pour les filles non-mariées et les veuves qui attendent un enfant.
Un tour d'abandon : (ou « boîte à bébé ») est un lieu où les mères peuvent laisser de manière anonyme leurs bébés, généralement nouveau-nés, pour qu'ils y soient trouvés et pris en charge. Ce genre d'arrangement était courant en Europe lors du Moyen-âge et dans les 18° et 19° siècles. Ils disparaissent vers la fin du 19° siècle.
L'âge de la majorité : l'âge de la "majorité" (moment où une personne est considérée comme capable d'exercer ses droits sans l'aide de ses parents ou de ses tuteurs) a varié suivant les époques, suivant le sexe des individus concernés et suivant sa finalité (capacité à se marier, capacité à jouir de ses droits civiques et politiques...). Chez les Romains, où l'homme était pubère à 14 ans et la femme à 12 ans, les législateurs avaient prolongé la période d'incapacité au delà de la puberté jusqu'à 25 ans.

Tableau indiquant les âges de la majorité suivant les siècles et suivant les conditions.

Tableau indiquant les âges de la majorité suivant les siècles et suivant les conditions.

La vie quotidienne : si vous faites partie de ces 90% de Français qui ont une vieille origine paysanne, peut-être serez-vous intéressé de savoir comment vivaient vos ancêtres. Une vie simple et compliquée à la fois, sous l'œil toujours vigilant de l'Église.
Les jours de la semaine : depuis le Moyen-Age, et jusqu'à une époque récente, la vie dans les campagnes était rythmée par les règles inflexibles de la foi chrétienne :
Le lundi et le mardi étaient réservés aux mariages.
Le mercredi, jour de la trahison de Judas, était réservé au jeûne.
Le jeudi était le jour de repos des Romains et des Gaulois. L'Église catholique tenta de lutter contre ces résidus de cultes païens en jurant d'excommunier ceux qui choisissaient de chômer ce jour-là.
Le vendredi, en souvenir de la mort du Christ, était jour de deuil. Il était défendu de faire sa lessive, de prendre des bains, de cuire du pain, de semer du blé, de moissonner, de baptiser les enfants et de laisser couver les œufs.
Le samedi, jour de la vierge, les femmes n'avaient pas le droit de travailler. (Quel dommage que ça ne soit plus en pratique, n'est-ce-pas, mesdames !)
Le dimanche, enfin, était le jour de repos pour toute la famille, comme pour Dieu après sa création du monde en six jours.
Un mariage sur quatre était un remariage : au XIXe siècle, seulement 2 couples sur 100 pouvaient espérer fêter leurs noces d'or, 1 homme sur 4 et 1 femme sur 5 était veuf (ou veuve) avant l'âge de 35 ans. À 45 ans, le veuvage touchait même 1 homme sur 2. Aux conditions de vie difficiles, facteur de mortalité élevée, s'ajoutait le risque énorme pris par les femmes à chaque accouchement : une sur dix y perdait la vie. Or une femme se trouvait enceinte tous les 15 à 20 mois. À ce rythme, le pays aurait risqué le dépeuplement si l'on ne s'était pas remarié illico. Dans les six mois, un homme avait retrouvé une mère pour ses enfants. Les femmes devaient attendre 9 mois, au cas où le défunt aurait laissé un héritier supplémentaire, ce qui n'empêchait pas certaines de s'y prendre à l'avance. Le futur époux était parfois choisi avant même que le premier ait eu le temps d'être enterré. Ces pratiques ne choquaient personne et un mariage sur quatre était en fait un remariage. Pour ceux qui jouaient de malchance, une troisième noce était possible.
Une fois l'an, la grande lessive : dans les campagnes, on lavait le linge comme on faisait les foins : c'est-à-dire une fois l'an (ou deux à la rigueur). Non pas que nos paysans manquaient d'hygiène, mais ils avaient une telle quantité de linge dans leurs armoires qu'ils vivaient sur ces réserves une année durant. À l'époque, les tissus étaient si résistants que les draps se transmettaient d'une génération à l'autre. Et à chaque mariage, le trousseau venait augmenter la pile. On entassait donc le linge sale dans un coin de la maison en attendant les beaux jours. L'été, on sortait tout pour une grande lessive qui pouvait durer trois jours.

Ceci n'est qu'un petit aperçu de ce que j'ai appris durant toutes ces années de recherches, et je fais régulièrement des découvertes intéressantes, tant dans les termes que les pratiques ou encore les expressions.

http://www.elserevue.fr/2010/naitre-en-france-du-xvii-au-xxeme-siecles/
http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/duree_de_vie_deces_mortalite/mortalite_infantile_france/
http://www.geneafrance.org/rubrique.php?page=ondoiement
http://www.agam-06.org/Journal/Geneaglogie_2_Periode_Etat_Civil_et_Paroissiale.pdf
http://geneal30.free.fr/Atelier/majorite_et_puberte.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tour_d'abandon
http://gperilhous.free.fr/MGenealogie/Cours/Annexes/Campagne.html

Et comme dirait ma mère : Dans ces cas-là, je me couche moins bête que je me suis levée.

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