Q comme QUARANTE

Publié le par Colette Lefevre

L'an quarante.

Qui ne connaît pas l'expression « : « s'en moquer comme de l'an quarante » ? Mais savez-vous d'où vient cette expression ? Pour ma part, il n'y a pas longtemps que je l'ai découvert.
Lors de mes recherches dans les registres paroissiaux, je me suis aperçue, qu'en 1740, il y avait de nombreux décès, beaucoup plus nombreux que les autres années. Je me suis alors demandé : « Mais qu'a-t-il bien pu se passer cette année-là pour qu'il y ait tant de décès ? ».
J'ai donc tapé : année 1740, dans le moteur de recherches et j'ai ainsi découvert que la France a connu un pic de surmortalité en 1740 qui a été appelée l'année du long hiver.

Voici un des nombreux articles écrits sur cet événement venant du blog de "homme libre" dont vous trouverez le lien en bas de l'article

L’année du long hiver

Les annales météo des siècles passés n’ont pas la précision des relevés actuels. Toutefois des chroniques existent et des traces observables peuvent être analysées. Les chroniques, réalisées parfois par les curés localement, sont une source d’information précieuse. La description des épisodes extrêmes est souvent bien documentée et ceux-ci ne pas si rare.
Alors: "Je m’en fiche comme de l’an 40!"
D’où vient cette expression? De l’année 1740, appelée aussi l’année du long hiver. Un hiver qui commence en octobre 1739. Au début novembre les rivières d’Allemagnes sont toutes gelées. A Paris on enregistrera un nombre record de journées de gel.
Au mois de mai la neige tombe presque tous les jours à 1000m d’altitude. L’une des compilations de chroniques ou d’observations se trouve sur
ce site (http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/11/02/l-annee-du-long-hiver.html).

Q comme QUARANTE

Le 05 novembre 1739, les rivières de l'Allemagne étaient prises. En France la saison froide dura du mois d’octobre 1739 jusqu’à mars 1740 ; à Paris on compta pendant ce temps 75 jours de gelées dont 22 consécutifs. Les gelées de 1740 furent moins rigoureuses que celles de 1709, mais la neige tomba en beaucoup plus grande abondance en janvier et février. Grâce à cette dernière circonstance, les blés se trouvèrent protégés et au début de juin ils présentaient une magnifique apparence.
Malheureusement la récolte fut compromise par les froids pluvieux de l’été 1740, qui présenta une température si basse qu’on put écrire que dans la région parisienne "il avait gelé en 1740 pendant tous les mois de l’année".
On trouve également une chronologie mois par mois ici:
«hiver 1740: hiver rigoureux, Début du gel le 6 janvier, comme en 1709. La bise est si forte qu’on ne peut y résister. Meuse gelée jusqu’au 15 mars. La Garonne charrie de la glace. En Belgique 9 semaines de gel. Paris 75 jours de gel. Froid moins intense mais plus durable que 1709, neige plus abondante, blés protégés. Dégel le 6 mars.
printemps 1740: glacial !, jusqu’à mi-mai. Il a gelé « tout les mois de cette année 1740: à Paris »
avril 1740: plus clément (déficit –0.5° à Paris)
mai 1740: Neige à moins de 1000 m presque tous les jours du mois
été 1740: été médiocre, pluvieux. Vendanges très tardives
juin 1740: beaucoup de pluie (Creuse) glacial au début (« fin de l’hiver », « pas un brin d’herbe dans les prés »), puis plus chaud
août 1740: pluies continuelles, empêche la récolte des rares épis
automne 1740: très froid et humide
septembre 1740: encore très pluvieux. Premières gelées près de Bayonne en septembre déjà
4 et 8 octobre 1740: gelée précoce détruisant les récoltes. Fortes gelées en Indre et Loire
16 et 17 octobre 1740: Inondations en Lorraine. Débordement de la Moselle jusqu’au 1er étage à Neufchâteau
fin octobre 1740: Temps très froid à Bayon
ne, vendanges épouvantables"

Q comme QUARANTE

A l’époque les événement climatiques extrêmes pouvaient avoir une influence politique directe. On se souvient de l’éruption du volcan islandais Laki dont l’influence sur le climat joua un rôle sur la révolution française, selon les historiens de l’époque.
Pour revenir à cette année 1740, ce ne fut pas seulement l’hiver qui fut long : l’été très frais et très pluvieux le prolongea au point de perdre les récoltes. L’automne ne fut guère plus réjouissant avec des gelées dès septembre. Cette année fut si épouvantable qu’elle donna naissance à l’expression «Je m’en fiche comme de l’an 40». Si l’on se fiche d’une année qui ne peut être pire, cela veut dire que l’on s’en fiche vraimen
t.
Source texte et photos : http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2010/11/02/l-annee-du-long-hiver.html

Commenter cet article