P comme PASSION

Publié le par Colette Lefevre

Il y a 17 ans, des problèmes de santé m'obligent à arrêter temporairement mon travail. Je suis à la maison, le moral en berne, je n'ai alors que 42 ans.
J'ai toujours voulu connaître mes origines, mais par manque de temps, je n'ai pas pu chercher. Je décide donc de partir à la recherche de mes ancêtres, non par passion, mais pour m'occuper. Tant que je ferai ça, je ne penserai pas à mes problèmes. Je trouve ça stupide une passion, comment peut-on accepter de consacrer du temps ou de l'argent à une passion ? On a tellement d'autres choses plus intéressantes à faire !
Les débuts sont difficiles, à l'époque pas d'archives en ligne, il faut donc écrire aux mairies pour obtenir les actes de naissance, mariage et décès des ancêtres quand on connaît les dates. Puis il faut attendre les réponses, certaines viennent assez vite, d'autres se font attendre. Grâce à internet, je me suis inscrite sur des groupes d'entraide et grâce à tous ces bénévoles, que je félicite et remercie sincèrement, j'obtiens des renseignements. En retour, je me déplace dans les mairies autour de chez moi. Bon, ça m'occupe, mais il n'y a pas de quoi en faire tout un plat. Dès que je pourrai reprendre mon travail, je passerai à autre chose.
Petit à petit, les renseignements arrivent, je peux commencer mon arbre, pas beaucoup de branches, d'autant plus qu'un de mes ancêtres, côté maternel, est un enfant trouvé, je ne saurai rien de lui, enfin, c'est ce que je pensais, voir E comme ENFANT.
Donc mon arbre démarre avec 3 branches, difficilement, j'arrive à le faire grandir, une branche par ci, une branche par là, bon pour celle-là, ben le père de mon grand-père paternel est le frère de la grand-mère de ma grand-mère paternelle, donc pour eux, la même branche. Je suis contente je commence à avoir quelques générations sur ma roue, mais bon ça ne va pas loin !
C'est bizarre, j'ai repris le travail, je ne peux plus faire trop de recherches et ça me manque. Je me débrouille donc pour y consacrer quand même un peu de temps. J'ai commencé autant continuer.
Puis enfin les archives en ligne se mettent en place, par chance les archives de la Seine et Marne, côté paternel, sont rapidement en ligne, je peux donc faire mes recherches seule et avoir plus rapidement les renseignements. En même temps, je me propose pour participer à des dépouillements. Côté maternel, il faut encore attendre, je stagne donc, les groupes d'entraide m'apportent bien quelques renseignements, mais pas assez vite à mon goût, ce qui est normal, il faut attendre que quelqu'un puisse s'occuper de votre requête, que cette personne vous envoie les infos obtenues ...
Et un jour, les archives d'Eure et Loire et de l'Eure sont enfin en ligne, puis d'autres ont suivi. À partir de ce moment-là, j'avance vite, je passe des heures sur internet dans les registres et sans que je m'en rende compte une grande passion est née. Je ne peux plus me passer de ces recherches, je veux toujours en savoir plus, trouver plus d'ancêtres certes, mais aussi en savoir plus sur eux, sur leur vie, leur façon de vivre, leur histoire et leurs histoires... Je ne peux pas y consacrer autant de temps que je voudrais, le travail me laissant peu de temps libre. Mais j'avance quand même.
Maintenant, j'en suis entre 14 et 16 générations suivant les branches. Mon fichier comprend 3759 individus, dont 1969 hommes, 1774 femmes et 16 inconnus. J'ai recensé 1219 mariages et j'ai retrouvé 919 ancêtres. La plus ancienne naissance date de la fin 15° avec la branche Belissant, je ne connais pas la date exacte. Le plus ancien baptême est celui de DUBOIS Catherine en date du 3 décembre 1664.
Je ne pense plus qu'à ça, fouiller dans les archives, faire mes recherches, je ne vois plus le temps passer, je n'arrive pas à m'arrêter, j'oublie tout le reste. Et quelle chance, je suis une jeune retraitée, j'ai du temps pourtant, et bien, pas assez en fait. Quelle formidable chose que la passion ! Non franchement, je ne trouve plus ça stupide, bien au contraire, je souhaite à tout le monde de connaître une passion aussi forte que la mienne, c'est devenu le but de ma vie, sans ça, je suis perdue. Souvent, je m'entends dire : « Encore dans tes recherches !!! ». Et bien oui, encore dans mes recherches, toujours dans mes recherches et j'espère que cela durera encore bien longtemps. Ne vous inquiétez pas mes ancêtres, je ne suis pas prête de vous lâcher, vous allez devoir me supporter encore longtemps.

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