I comme INSTITUTEUR

Publié le par Colette Lefevre

Dans la branche LEVASSEUR, j'ai découvert une dynastie d'instituteurs, de père en fils : 13 instituteurs sur 5 générations.
G1)LEVASSEUR Simon (sosa 2272) (ca 1658-1709) Viffort (02)

G2)LEVASSEUR Simon (1678-1743) l'Epine au Bois (02)
G3) LEVASSEUR François (1702- ?) Courgivaux et l'Epine au Bois (02)

G2)LEVASSEUR François (sosa 1136) (1680-1767) Fontenelle (02)
Voir ci-dessous son acte d’inhumation

G3) LEVASSEUR Jean Baptiste (sosa 568) (1711-1761) à le Vézier (02)
G4) LEVASSEUR Jean Baptiste (sosa 284)(1734-1805) St Mars Vieux Maisons (77)
G5) LEVASSEUR Pierre François (sosa 142) (ca 1764- ? Cerneux (77)
G6) LEVASSEUR Romain Alexandre (1803- ?) Cerneux, St Mars en Brie (77)
G4) LEVASSEUR Jean Baptiste (1761-1838 Chartronges et Fretoy (77)
G5) LEVASSEUR Jean Gabriel (1784-? ) à l'Echelle (77)
G3)LEVASSEUR Pierre (1716-1743) Fontenelle et Mécringes (02)

G2)LEVASSEUR Jean (1688-1742) Viffort (02) aussi laboureur et marchand


G2)LEVASSEUR Louis (1696- ?) l'Echelle (02)

Acte d'inhumation de LEVASSEUR François Archives départementales de l'Aisne

Acte d'inhumation de LEVASSEUR François Archives départementales de l'Aisne

"À la demande du Ministère de l'Instruction publique pour la préparation des expositions universelles de 1889 (instruction générale du 31 juillet 1887) et 1900 (instruction générale du 29 décembre 1898), des monographies communales (études portant sur les communes de Seine-et-Marne) sont réalisées par les instituteurs.
Voici donc un extrait de cette monographie, portant sur l'enseignement et plus particulièrement sur les instituteurs du XIX° à Cerneux, leur rôle, leur recrutement, leurs responsabilités.
L'examen des registres d'état civil du XVII° siècle porte à croire que l'instruction a pénétré de bonne heure dans cette commune. On constate en effet que la plupart des parties contractantes et des témoins nommés dans ces actes savaient signer.
Les instituteurs étaient alors choisis parmi les individus les plus instruits de la localité. Le curé était seul juge en la matière, et exigeait avant tout que l'aspirant instituteur sache lire le latin et chanter au lutrin.
L'instituteur sonnait l'Angélus trois fois par jour, balayait l'église, entretenait le linge de la sacristie, et instruisait les enfants de chœur sur tout ce qu'ils avaient à faire à l'église. Il recevait pour cela une somme de soixante centimes par cheminée dans toutes les maisons du village où il devait aller les demander lui-même le jour de la Toussaint ou le lendemain.
Pour l'école, il avait droit au traitement suivant :
1° pour un élève apprenant à lire seulement 0,30
2° pour un élève apprenant à lire et à écrire 0,50
3° pour un élève apprenant en plus, le calcul 0,60.
La loi du 28 juin 1833 a organisé l'enseignement et créé des Comités locaux chargés de la surveillance des écoles. Ces comités étaient composés du Maire, du Curé et de trois habitants de la commune.
C'est à ce comité que l'Instituteur qui désirait être nommé dans la commune présentait sa demande, lequel après avoir examiné les titres du postulant faisait connaître son avis au Conseil municipal qui présentait lui-même l'instituteur au Comité d'Arrondissement à qui appartenait le droit de nomination.
Le Comité local se réunissait de temps en temps pour inspecter l'école et dressait un procès-verbal à la suite de son inspection.
En dehors de leur service scolaire, les instituteurs étaient tenus de remplir une foule d'obligations plus ou moins compatibles avec leur ministère.
L'Instituteur de la commune de Cerneux sur la présentation du Conseil municipal s'engage à remplir ses fonctions d'instituteur aux conditions suivantes :
1° de tenir les écoles pendant le temps prescrit par le règlement du comité de l'arrondissement de Provins du 10 mars 1837
2° de sonner avec la cloche de l'église l'entrée des classes deux fois par jour : le matin à sept heures trois quarts, et l'après-midi du 1er novembre au 1er mars à midi et demie et dans les autres temps à une heure, la sortie du matin à onze heures et de l'après-midi au plutôt à quatre heures.
3° de se conformer au règlement du comité d'arrondissement de Provins : pour ce qui concerne la méthode d'enseignement à suivre, à moins qu'il ne fût autrement ordonné par le comité local, d'accord avec le Conseil municipal.
4° de sonner les Angélus selon l'ancien usage trois fois par jour, le matin à cinq heures puis à midi et enfin le soir à huit heures, hors les époques où la longévité des jours le soleil se lève avant cinq heures du matin et se couche après sept heures et demie où les heures de la sonnerie seront proportionnées pour n'avoir lieu qu'au moins une demi-heure avant le lever et après le coucher du soleil.
5° de faire pour les habitants de la commune à une distance pas plus éloignée que trois kilomètres tout mesurage en vérification de mesure de terre, prés ou bois, dont ils seront propriétaires ou locataires et dans le cas où il s'agirait de lever une contestation avec les tenanciers ou pour s'assurer de la contenance d'une pièce de propriété sans pour autant pouvoir en abuser de la part des habitants et hors le temps des classes.
6° de remplir les fonctions de clerc paroissial de l'église de Cerneux autant qu'il le sera agréable au prêtre desservant l'église dans un état de propreté et de soigner les ornements ainsi qu'il est en usage pour le clerc paroissial et avec le droit de percevoir une rétribution de six francs pour chaque mariage en première classe et quatre pour ceux de la deuxième classe ; et pour chaque inhumation en le chargeant de payer le fossoyeur et le sonneur une somme de sept francs pour les enterrements sans messe, 1ère classe, et trois francs en sus pour la messe ou service, cinq francs pour ceux de la 2ème classe, non compris la messe qui sera de deux francs ; et celle de quatre francs pour chaque enterrement d'enfants de l'âge de trois à douze ans, et celle de trois francs pour les enfants au-dessous de l'âge de trois ans.
7° le Conseil municipal au nom de la commune s'engage envers l'instituteur communal à partir de l'époque de la nomination par le comité supérieur de lui fournir conformément aux dispositions de la loi du 28 juin 1833 une salle pour tenir ses classes et un logement convenable pour lui et sa famille.
8° de lui faire annuellement, indépendamment de la rétribution mensuelle des élèves qui sera conformément aux dispositions de la loi précitée tous les ans réglée et arrêtée par le Conseil municipal, un traitement qui sera voté aussi tous les ans par le conseil municipal et tenu le moins à quatre cents francs à moins que de mécontentement de la part de la commune.
9° de lui faire aussi tous les ans, par les cultivateurs, les charrois de bois dont il aura besoin pour son chauffage, et ce, en considération des mesurages de terre qu'il pourra faire.
Comme on peut le comprendre, l'instituteur ne manquait pas de besogne, et le profit qu'il tirait de ses nombreuses fonctions de géomètre, sonneur, sacristain, clerc paroissial, etc. ne s'élevait pas à plus de cinquante francs par an. Si l'on ajoute ces 50 francs de produits divers au traitement spécial qu'il recevait pour ses fonctions d'instituteur, on trouve que ce laborieux fonctionnaire ne gagnait pas mille francs par an.
En effet, son traitement se décomposait comme il suit : (d'après une délibération du Conseil municipal en date du 11 avril 1833).
1° d'un traitement fixe de 400 F y compris la rétribution pour l'éducation des enfants pauvres
2° de la rétribution mensuelle à payer par les familles des autres enfants qui fréquenteront l'école, savoir :
Pour les enfants qui apprennent à lire, 0,50, on peut en fixer le nombre à 25 ce qui produit une somme de 0,50x25 = 12,50 par mois et pour 10 mois 125,00F
Pour ceux qui apprennent à lire et à écrire 0,75. Ils sont environ 15 ce qui produit par mois 11,25 et pour dix mois 112,50F
Pour ceux qui apprennent le calcul, la grammaire et la géographie 1,25. Ils sont environ 15 ce qui produit par mois 18,75 et s'ils viennent également 10 mois : 187,75F
Total du traitement annuel 824,75F. Tel était le maigre budget des instituteurs de Cerneux il y a cinquante ans.
Pendant plus d'un siècle et jusqu'en 1864, l'école s'est faite dans une maison située à l'Ouest de l'église dont elle était séparée seulement par une étroit passage. Dans l'origine, la salle de classe était un pauvre bâtiment non carrelé, c'est-à-dire dont le plancher était en terre battue et plus ou moins uni. Une seule fenêtre éclairait ce réduit de 25 mètres carrés où étaient entassés l'instituteur et une cinquantaine d'écoliers des deux sexes. Une seule table placée au milieu de la salle, était destinée aux élèves qui écrivaient, les autres étaient sur des bancs le long des murs. Si la table était trop petite pour tous les écrivains, ils y venaient à tour de rôle ou écrivaient sur leurs genoux.

Liste des instituteurs et institutrices.Archives Départementales de Seine et Marne : monographie de CERNEUX portant la signature de son auteur, Firmin Alexandre PELLETIER 30Z58

Liste des instituteurs et institutrices.Archives Départementales de Seine et Marne : monographie de CERNEUX portant la signature de son auteur, Firmin Alexandre PELLETIER 30Z58

On y trouve, en 4, mon sosa 142 :
LEVASSEUR Pierre François (ca 1764- ?) du 1er février 1805 au 15 août 1835
et en 5, son fils :
LEVASSEUR Romain Alexandre (1803- ?) du 1er décembre 1853 au 20 octobre 1855.

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