B comme BAUDUIN

Publié le par Colette LEFEVRE

Vous l'aurez peut-être compris dans le premier billet, mon fil conducteur sera l'histoire de mes ancêtres avec qui je vais discuter pendant tout ce mois de juin. Chaque jour je vous présenterai la vie d'un de mes ancêtres, soit grâce à son nom, son prénom, son métier, son lieu de naissance, de mariage, etc. enfin tout ce qui me permettra de respecter l'ordre alphabétique.

BAUDIN Nicolas, mon sosa 304, est né vers 1706, il est le fils de BAUDIN Nicolas et NARDIOT Nicole, pour qui je n'ai aucun renseignement.

Bonjour Nicolas, tu es mon 6 fois arrière-grand-père. Tu aurais pu avoir une grande famille, mais la vie en a décidé autrement. Un peu plus et je ne serais pas là à discuter avec toi, car je ne serais pas venue au monde !!!

Je ne sais rien de ton enfance. Pour le moment, dans mes fiches, ton histoire commence le jour de ton mariage, un joli jour pour toi et Marguerite.

Le 16 novembre 1728, tu épouses donc MABILLE Marguerite. Tu as environ 22 ans et tes parents sont déjà décédés, tu es bien jeune quand même pour être orphelin. Marguerite, qui a environ 36 ans, n'a pas plus de chance que toi, elle aussi est orpheline. Ton frère Denis assiste à ton mariage, vous ne savez signer ni l'un ni l'autre, contrairement à Marguerite, qui elle sait signer (ce qui est assez étonnant pour ton époque). Tu vis à Nogent l'Artaud dans l'Aisne et tu es manœuvrier.

Un an après votre mariage, un grand bonheur vous est donné avec Marguerite Barbe qui voit le jour le 16 novembre 1729. Treize mois plus tard, le 27 décembre 1730, arrive une petite sœur Marie Madeleine. Enfin quelle joie pour toi le 11 septembre 1732, ton premier fils vient au monde que vous prénommerez Charles Nicolas.

La vie s'annonce belle, trop belle même, vous n'êtes pas fait pour le bonheur, puisque 19 jours après la naissance de ce joli petit garçon, survient le décès de Marie Magdeleine à l'âge de 1 an 9 mois et catastrophe, deux mois plus tard, celui de Charles Nicolas. Mais ça ne s'arrête pas là, une autre catastrophe, qui a dû te marquer au plus profond de toi, te tombe dessus, le décès le 4 août 1733 de Marguerite, elle a 41 ans. Tu as alors environ 27 ans et tu as la charge de ta fille aînée de 4 ans. En moins de cinq ans, tu as perdu ton épouse et deux enfants.

Je retrouve ta trace à Nogent l'Artaud, lors de la naissance de jumelles : Marie Madeleine et Marie Anne, nées le 5 avril 1735. Bien sûr, tu ne pouvais rester seul et tu t'es remarié avec RENARD Marie Madeleine, née le 28 novembre 1713, fille de RENARD Germain et ? Marie Jeanne, (par contre je n'ai pas trouvé votre mariage à Nogent l'Artaud, où vous êtes-vous donc mariés ?).

À la naissance de vos filles, Marie Madeleine a 22 ans. Toute jeune, je peux imaginer son bonheur, deux petites filles qu'elle nourrit, câline, chouchoute mais peu de temps, trop peu de temps, puisque Marie Anne vit 2 jours, et Marie Madeleine 4 jours. Quel grand vide alors vous devez ressentir face à ce destin cruel, qui à peine vos enfants nés, vous les reprend. Dix-sept mois plus tard, c'est la naissance de Nicolas. Je comprends sans problème l'angoisse que Marie Madeleine et toi-même pouvez ressentir. Cependant les jours passent et Nicolas grandit, vous donnant l'espoir qu'il vivra. Certes, il vivra ... jusqu'au 2 janvier 1738 (15 mois). Le 6 décembre 1738, Marie Madeleine met à nouveau au monde des jumeaux : Marie Jeanne et Nicolas Michel, mais pas de trêve dans vos malheurs, Marie Jeanne ne vit que 3 jours et Nicolas Michel 11 jours. De nouveaux jumeaux naissent le 3 février 1740, Nicolas Louis qui décède 3 jours plus tard et Marie Madeleine qui ne vit que 9 jours. En 4 ans, 10 mois, vous avez eu 7 enfants, décédés presque aussitôt nés.

Le 31 octobre 1741, Marguerite Barbe, ta fille aînée, âgée de 12 ans décède. Tes dix enfants sont à présent décédés. Comment faites-vous pour vous remettre de tous ces coups du sort ? Tant d'attentes, tant de souffrances, tant d'angoisses pour quel résultat ? Vous êtes de plus en plus seuls ! Sûrement vos sorties vous conduisent-elles sans cesse au cimetière, dans ce lieu où se trouve toute votre famille.

Le 22 avril 1742, c'est la naissance de Louis Nicolas, bien sûr, tu te poses la question, vivra-t-il ? Le verrai-je enfin grandir ? Me succédera-t-il ?

Mais que se passe-t-il ? On dirait que vous avez droit à une trêve, puisque pour l'instant tout va bien, Louis Nicolas a deux ans lors de la naissance de son petit frère Nicolas Augustin le 28 avril 1744 : un deuxième garçon, tu jubiles. Les jours passent, les mois défilent et le 7 novembre 1746, Marie Catherine vient agrandir votre famille. Enfin la malchance semble vous avoir quitté !!! Je m'en réjouis. Maintenant, vous voici cinq, les enfants grandissent …bien … enfin, peut-être … jusqu'au 29 janvier 1748, où de nouveau vous devez faire face au décès d'un de vos enfants, celui de votre dernière fille. Pour toi Nicolas, c’est le dernier décès que tu affrontes.

Car le premier avril 1750, tu quittes ce monde si injuste et si cruel, tu as environ 44 ans : de tes treize enfants, il reste deux garçons : Louis Nicolas, 8 ans, et Nicolas Augustin, 6 ans. Toi, Marie Madeleine, tu as 37 ans, tu as déjà vécu tant de grossesses, tant d’accouchements, tant de souffrances, tant d’angoisses et accompagnés tant d’êtres chers dans leur dernière demeure, que ton cœur de mère doit être dans un bien triste état, et voilà que tu es veuve avec deux jeunes enfants. Comment vas-tu t’en sortir ?

Le 15 juin 1751, tu épouses Louis François BACHELET, apparemment vous n'avez pas eu d'enfants ensemble. Ce mariage dure peu, puis que tu décèdes 8 ans plus tard, le 14 mars 1759, à l'âge de 46 ans. Sur les 10 enfants que tu as mis au monde, deux te survivent : Louis Nicolas, 17 ans, et Nicolas Augustin, 15 ans.

Qu'est devenu Nicolas Augustin ? Je n'en sais rien, je n'ai pas trouvé d'acte de mariage ou de décès à son nom à Nogent l'Artaud.

Quant à Louis Nicolas, mon sosa 157, il s'est marié le 24 janvier 1769 avec MARTEAU Marie Geneviève et a eu 6 enfants. Il décède le 19 ventôse an II, à l'âge de 52 ans.

Quel cruel destin et que de douleurs, les bonheurs étaient vraiment de courte durée. Quelles angoisses devaient éprouver les parents lors des naissances, se demandant si cet enfant vivrait ou non ! Alors pour les naissances de jumeaux, je pense qu'on ne devait même pas se poser cette question, on savait qu'ils ne vivraient pas ! Un fait m'interpelle : pourquoi porter ces enfants pendant 7, 8 ou 9 mois, souffrir pendant de longues heures pour les mettre au monde et les voir partir presque aussitôt arrivés ? Je me demande toujours comment nos ancêtres arrivaient à supporter tous ces coups du sort. Beaucoup mourraient assez jeunes, mais est-ce étonnant vu les conditions de vie !

Ainsi dans cette saga, celui qui a vécu le plus vieux, c'est Louis Nicolas : 52 ans, bien jeune pour notre époque, mais déjà bien vieux pour le 18° siècle. Prochainement, je vous raconterai son histoire. Sera-t-elle aussi douloureuse que celle de ses parents ? Car il est bien mal parti dans la vie : sur ses 13 frères et sœurs, il lui reste peut-être son frère Nicolas Augustin. A 8 ans il est orphelin de père et à 17 ans il perd sa mère. Qui s'occupe de lui et de son frère, de quoi vivent-ils ? Sont-ils recueillis par de la famille ou sont-ils placés ? Vivent-ils ensemble ou sont-ils séparés ? Je ne sais si je trouverai la réponse à toutes ces questions, on ne sait jamais ...

Sources : AD Aisne, archives en ligne.

Que signifie ce nom : Bauduin, Baudouin, Baudoin et d'où vient-il ?

Nom d'origine germanique, Baldwin (bald, bold = audacieux + win = ami).

La forme Bauduin est surtout portée en Picardie et dans le Nord.

On trouve les Baudouin dans l'Ouest (44, 76, 79) et les Baudoin dans l'Yonne et les Vosges.

Autres formes : Baudoing, Beaudoing (38, 82), Baudoint (79), Baudouy (09, 31), Beaudoin (88, 45), Beaudouin (35, 76), Baldouy (12). Avec ajout d'un h : Baudhoin (52), Baudhuin (Nord, Picardie), Baudhui, Baudhuy (Limousin, Auvergne).

http://www.geneanet.org/nom-de-famille/BAUDUIN

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